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  le blog retraité cgt armentieres

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L'actualité syndicale des retraités CGT 70 Pl.J.Guesde 59280 Armentières TEL 03 20 77 21 92 ou cgtularmentieres@gmail.com


Le fromage s’affine dans les caves suisses

Publié par Union Locale CGT d'Armentières sur 2 Mai 2015, 16:45pm

Le fromage s’affine dans les caves suisses

Le fromage de Jean-Marie Le Pen s’affine dans les caves suisses

 

Selon des documents transmis à la justice dans le cadre d’une enquête sur son patrimoine et révélés par Mediapart, le patriarche Le Pen aurait détenu 2,2 millions d’euros, dont une grosse partie en or, en Suisse, puis aux Bahamas, sur un compte géré par son majordome.

On croirait l’entendre d’ici, Jean-Marie Le Pen : « On n’est jamais trahi que par le petit personnel. » Le parquet de Nanterre aurait reçu des éléments du service anti-blanchiment Tracfin révélant l’existence d’un compte suisse appartenant au président d’honneur (sic) du Front national, créditeur de 2,2 millions d’euros, dont 1,7 en lingots et pièces d’or, selon Mediapart. Un de ces documents, un courrier daté de 2008 transmis dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte sur le patrimoine de son employeur, identifie le majordome de Le Pen père, Gérald Gérin, comme ayant droit d’un « compte caché chez HSBC » jusqu’en mai 2014 dont les fonds ont été transférés à la Compagnie bancaire helvétique, aux Bahamas. L’homme de confiance de Le Pen, entré à son service il y a vingt ans, professionnellement et politiquement (assistant parlementaire de plusieurs cadres, plusieurs fois candidat, il a été élu conseiller régional FN en Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2010), dirige légalement la Balerton Marketing Limited, « structure gérée depuis Genève », nous apprend le site d’information, par Marc Bonnant, un avocat d’affaires dont le nom apparaît comme intermédiaire dans l’affaire SwissLeaks. Mais Gérin est aussi – surtout ? –, depuis 2000, trésorier de Cotelec, l’association de financement du Front national (elle a prêté trois millions d’euros au parti en 2012, quatre millions en 2013), et trésorier de Promelec, un « microparti » chargé de « promouvoir l’image de marque et l’action de Jean-Marie Le Pen et de Marine Le Pen » et cogéré par les deux têtes du FN. Un poste-clé avec vue directe sur le magot, et « même la signature » des comptes bancaires de Jean-Marie Le Pen, à en croire un portrait du factotum paru dans l’Express en mai 2007.

De fait, ce nouveau scandale se situe au cœur d’un imbroglio politico-financier que la justice tente de démêler. Une enquête menée par les juges Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi sur le financement du Front national et de ses campagnes électorales a déjà vu la mise en examen d’une personne morale (Riwal, société de communication principale prestataire du FN) et de cinq personnes physiques (Axel Loustau, trésorier de Jeanne, microparti de Marine Le Pen, et son prédécesseur Olivier Duguet, Nicolas Crochet, l’expert-comptable qui certifie les comptes du FN, le patron de Riwal, Frédéric Châtillon, et Sighild Blanc, patronne d’Unanime, autre agence publicitaire liée au parti). D’autres ont ciblé ou ciblent encore le patrimoine du patriarche Le Pen – et, partant, son héritière. En avril 2013, ce dernier avait reconnu avoir détenu un compte en Suisse ouvert à l’UBS en 1981. Ce que l’on croyait être le dernier acte de l’illustration de cette façon bien personnelle qu’ont les Le Pen de mélanger argent et politique ne l’était pas, comme le montre ce dernier rebondissement de l’enquête sur l’enrichissement personnel du pater familias durant son précédent mandat européen, lancée après signalement de la Commission pour la transparence financière de la vie politique : plus 1,127 million d’euros entre son entrée à Strasbourg, en 2004, et sa sortie en 2009. Si Jean-Marie Le Pen a souvent défrayé la chronique judiciaire, ce n’est pas que pour ses jeux de mots racistes. Les conditions de son héritage du cimentier millionnaire Lambert en 1976, qui l’a rendu propriétaire de l’hôtel particulier de Montretout, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), d’un immeuble parisien, d’avoirs financiers conséquents, posent question. Une fortune estimée à « 40 millions de francs lourds » par son ex-épouse, Pierrette Le Pen. La même que Le Pen chargeait, racontait-elle à Genève Home Informations en 1987, de retirer de son compte suisse des « petits nègres », code correspondant à 10 000 francs. En 2013, Le Pen justifiait ses voyages en Suisse dans les années 1980 par la diabolisation subie alors, ayant, disait-il, « du mal à trouver du crédit dans les banques françaises ». Depuis, le Front national a ouvert un nouveau front bancaire à l’Est, en se finançant auprès de banques russes… pour ses activités publiques. Pour entasser son magot personnel, la Suisse – comme l’or – reste une valeur sûre.

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